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Perdu

Posté le 21/06/2011 17:29:08

Avez-vous déjà entendu et vu ces frêles petits rongeurs qui parcourent les forêts, trépidant de gauche à droite en couinant ? On a l‘impression qu’ils sont perdus et affamés. Leurs petits couinements faisant penser à des sanglots refoulés sont tellement attendrissants et émouvants que l’on aimerait pouvoir les prendre dans nos bras, pour pouvoir les consoler et les réconforter.

Imaginez alors une petite âme, qui depuis le tout début des temps est perdue, qui s’est volontairement perdue… au-delà du confins de l’univers. Le début des temps c’est long, très long, interminable, même pour un exilé volontaire ! Au-delà du confins de l’univers, c’est loin, tellement loin… Tellement loin dans le temps et dans l’espace que l’on ne se souvient plus où se trouve sa maison, que l’on est incapable de retrouver son chemin.

Alors, cette petite âme, pour qui la fin de l’exil avait sonné, car le désir de retrouver sa maison, le désir de retrouver les siens, était aujourd’hui plus fort que la honte qui l’avait amené à s’exiler, parcourait l’univers, en trépidant de gauche à droite et en couinant.

Un jour, sur son long chemin, elle avait croisée des voyageurs interstellaires, qui, intrigués de trouver cette petite âme perdue au milieu de nulle part, avaient stoppé leur course.

Dans un premier temps, elle s’était précipitée vers eux, pensant retrouver les siens. C’était la première forme de vie qu’elle rencontrait depuis son presque éternel exil. Son espérance fut de courte durée, cette espèce n’était pas la sienne.

Attendris et émus par tant de peine, ils décidèrent tous unanimement de lui offrir leur aide.

- que cherches-tu petite âme ? Lui avaient-ils demandés.

- Gê !

Personne n’en avait jamais entendu parler, mais il est vrai que l’univers est presque infini.

Alors, dépité, elle avait repris son chemin.

Tous les voyageurs que son long périple l’amenait à croiser s’arrêtaient. Tous, émus par tant de solitude et de souffrance, tous proposaient leur aide, mais malheureusement tous ignoraient où se trouve Gê.

Au fil du temps, l’histoire de la petite âme qui parcoure l’univers à la recherche des siens et de Gê fit le tour des mondes habités, et des différentes espèces qui peuplent le Cosmos. Son voyage et son histoire était désormais suivis par les plus prestigieux universalistes et retransmis en universvision. L’ensemble des mondes se passionnait pour cette incroyable et émouvante histoire. Des milliards de familles suivaient tous les jours sur leurs écrans l’état de sa déambulation.

Des milliers de détectives bénévoles se mirent alors à parcourir méthodiquement les mondes habités, rencontrant toutes les formes de vie existantes, avec toujours la même question : « Gê » ?

Et puis un jour, alors que l’espoir semblait ne plus exister, sur la planète Spes, un monde isolé, habité par un peuple d’explorateurs, un vieux baroudeur cru se souvenir d’une espèce primitive, fort ancienne et que certains de ses habitants appelaient Gê !

Mais, il n’en savait pas plus. Et malheureusement à cause du fonctionnement solitaire et anarchique de ce peuple d’explorateurs - leurs archives qui recouvraient presque la totalité de leur planète n’avaient jamais été numérisées - que toutes les recherches effectuées dans les bases de données informatiques de l’univers avaient échouées.

Alors, quelque chose qui n’était jamais arrivé, quelque chose d’extraordinaire survint !

Spontanément, de tout l’univers connu, sans se concerter, ils accoururent par centaines de milliers. Des scientifiques, des techniciens, des informaticiens, des ouvriers, des cuisiniers, des serveurs, des blanchisseurs… Les services de sécurité civil des mondes les plus proches installèrent de gigantesque infrastructures pour les loger, nourrir, blanchir… D’immenses pont aériens se mirent en place, reliant de lointaines planètes agricoles à la planète Spes afin de les nourrir tous.

Tout ce monde, malgré la disparité des espèces et des langues, et malgré l’absence de maître d’œuvre travaillaient dans l’unité la plus parfaite. Chacun, ont ne sait pas pourquoi, savait parfaitement ce qu’il avait à faire, à quel moment le faire, et le faisait du mieux possible.

Des usines comme on en avait jamais vu dans tout l’univers tellement elles étaient gigantesques furent construites. D’immenses chaines de production fabriquant des robots et des automates furent mises en marche.

Le plus puissant des ordinateurs fut construit, tellement puissant qu’à lui tout seul il était capable de traiter autant d’informations à la seconde que tous les ordinateurs réunis de l’univers connu !

Enfin, après des mois de labeur acharné des dizaines de millions de robots purent se mettre à l’œuvre pour collecter, restaurer, numériser les archives et documents venus de plusieurs milliards de mondes différents, et que l’ordinateur était chargé d’analyser, de traduire, de mémoriser.

L’attente commença, longue, angoissante, stressante. Les mois s’égrenaient lentement, la masse des archives commençait tout doucement à diminuer.

Et pendant ce temps là, celui que l’on appelait la petite âme continuait à parcourir l’univers, trépignant et couinant de plus bel.

Lorsque les dernières archives furent traitées, un sentiment d’abattement saisi l’univers entier. Là, où des heures auparavant des machines et des robots travaillaient encore d’arrache pied, un silence angoissant régnait : aucune réponse n’avait été trouvée !

Mais l’ordinateur donna alors une information issue de ses longues recherches.

Toutes les archives non pas été traitées !

L’étonnement gagna les opérateurs pour qui cette affirmation semblait aller contre l’entendement. Toutes les archives avaient été méthodiquement triées, analysées, enregistrées… les moindres recoins des immenses dépôts avaient été visités. Comment cela pouvait-il être possible ?

La réponse que donna l’ordinateur plongea alors de stupéfaction et d’évidence tout le monde ! L’ordinateur expliqua que l’armée de robot qu’il dirigeait avait eu pour tâche de travailler sur les archives des mondes visités par les explorateurs, mais que les archives de l’histoire de la planète Spes elle-même n’avait pas été exploitées !

A la demande des opérateurs, le brouhaha des robots reprenant le travail succéda rapidement au silence.

Les recherches furent rapides, l’ordinateur se préparait à donner sa réponse :

  • Spes signifie « espoir » en Latin, une ancienne langue parlée sur cette planète.
  • Ses habitants avaient décidé de rebaptiser ainsi leur planète pour rappeler à tous qu’il ne faut jamais perdre espoir !
  • Ses habitants l’appelaient aussi parfois Gaïa, du nom de la fille d’Eros et de la nuit.

Gaïa ou Gê (en grec ancien) !

La petite âme s’approchait doucement de la terre, regrettant sa si longue absence. Se demandant ce qu’était advenu de ses enfants. Il les avait abandonnés il y a tellement longtemps ! Se souviendraient-ils de lui ? L’accepteraient-ils parmi eux ?

D’un seul coup, ils étaient tous là, se pressant autour de lui, le réconfortant, sans aucun reproche, se blottissant contre lui avec amour, ils étaient très nombreux maintenant, des milliards… qui l’attendaient depuis le tout début de son exil.

 Bienvenue à la maison, Adam.


1.  Commentaire Commentaire posté par Jeanmi  http://pierre-taillee.blogspot.com/ le 01/09/2011 10:39:30
Joli ! D'autant que je suis moi-même auteur de nouvelles de polars (Maçonniques)

Perdu

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